mardi 29 juillet 2008

Made In India

Hallo (comme disent les Indiens) ! Des nouvelles par Mel...

Je suis souvent en retard; c'est pas toujours de ma faute. Mais il fallait aller jusqu'en Inde pour découvrir l'excuse ultime, celle que je ne pourrais utiliser qu'ici :
'Désolée pour le retard; j'étais coincée derrière un éléphant". Véridique !

A Udaipur, nous avons passé trois jours tranquilles à nous remettre de notre escapade a Sadri (le fameux temple de Shiva) et à Kumbalgarh; immense forteresse dont le mur d'enceinte est le deuxième plus long mur du monde, derrière la Grande Muraille de Chine. Udaipur est surtout célèbre pour son Lake Palace, un gigantesque hotel flottant au milieu d'un lac - un peu asséché - très beau la nuit. C'est une ville plus clean que celles que nous avons visité jusqu'ici. Elle est pleine d'artistes qui peignent sur de la soie, des dessins très fins qui s'apprécient à la loupe. Le motif le plus courant est un trio d'animaux : l'élephant, qui représente Jaipur et la chance, le cheval, symbole de force et de la ville d'Udaipur, et le chameau, emblème de Jaisalmer et de l'amour. C'est marrant, je trouve pas ça extrêmement romantique moi, le chameau. C'est peut-être à cause des bleus qui ont couverts mes cuisses pendant plusieurs jours après avoir passé seulement quelques minutes sur un chameau dans le désert...
A Udaipur, beaucoup de gens font un effort pour parler français, le résultat est très drôle. Le professeur de dessin qui nous fait visiter le Jagdish Temple nous raconte sa participation dans Octopussy; le film emblèmatique d'Udaipur car tourné sur place. "James Bond il est dans un ricksaw qui fait waaahou. En dessous c'est mon vélo qui fait -là il fait des zigzags avec ses mains- c'est mon vélo". Il nous parle du cocodrile qui mord l'éléphant, alors l'éléphant se met a pleurer (il mime les larmes) et Vishnu fait tomber des fleurs dans la bouche du cocodrile pour qu'il laisse l'éléphant. Il nous montre les sculptures érotiques qui ornent fréquemment les temples indiens (les prêtres catholiques gagnerait à s'inspirer de l'hindouisme, ça rend les édifices religieux beaucoup plus rigolos). iL nous raconte comment on change le drapeau qui orne le templs tout les ans; et celui qui monte au sommet a droit a "une petite coconut pour la chance". Toutes les sculptures ou presques ont droit a leur explication mimée "Alors là, le tigre et l'éléphant; ils font la bataille" " la c'est la femme, elle danse, elle play la sitar, elle play la flouute, elle play le tambour". Il est trop drôle.
On passe chez le tailleur, lui aussi mélange le français et l'anglais. Il nous montre les tissus "Regarde, la maGnifique broterie" " also possible un autre couleur, regarde" Il va déplier des mètre de tissus; qu'on observe en buvant un verre de thé. On se fait mesurer; et puis on reviendra chercher nos vêtements le lendemain.

A Udaipur, j'ai aussi pris un cours de cuisine avec Sashi; qui vit en dessous du restaurant du cousin de son mari. Sashi a perdu son mari il y a huit ans. Celui-ci appartenant à la caste des brahmanes, elle s'est conformée aux règles très strictes qui s'appliquent aux veuves dans cette caste haut-placée. Pendant 45 jours, elle est restée assise dans un coin de la maison, la tête couverte, sans regarder personne; sans manger, à pleurer avec ses voisines qui venaient la voir. La règle exige que pendant un an, la veuve d'un brahmane ne mettent pas les pieds hors de sa maison. Hors, avec deux enfants de 8 et 10 ans et une belle-famille execrable et peu généreuse, il fallait bien faire rentrer de l'argent. Le fils de Sashi allait récolter du linge sale dans les hotels que Sashi lavait ensuite dans sa maison. Une fois l'année rituelle écoulée, elle se heurtait encore à la règle qui veut que les femmes de sa caste ne travaillent pas. Elle sortait donc de 5 heures a sept heures du matin pour faire des ménage en cachette, puis rentrait chez elle afin que personne ne remarque ses allées et venues.
Enfin, il y a deux ans, un touriste irlandais qui parlait l'hindi est devenu ami avec son fils. Accro a sa cuisine, il lui a proposé l'idée des cours de cuisine. Elle a appris l'anglais, a fait taper ses recettes par des étudiants de passage; et maintenant elle accueille tout les jours des touristes qui comme moi, voudrait bien apprendre un peu à cuisiner indien. Elle ne ménage pas sa peine, le cours dure quatre heure et va du simple thé chaï au curry de légumes, en passant par le paneer; les paranthas, le fromage à l'ail, les pakoras...
Le moment le plus terrible, c'est qu'à la fin du cours, Sashi installe l'étudiant en sueur (allez cuisiner pendant quatre heure devant un fourneau quand il fait 34 degré dehors) devant la petite table de son salon, sous les yeux rieurs de sa famille. Une à une, elle dépose les assiettes qui contiennent ce que vous avez préparé avec elle, soit un repas pour six personnes (au moins), et vous dit, le plus sérieusement du monde, "Now you have to taste everything". Maintenant je comprend pourquoi, le matin quand je me suis inscrite, elle m'avait dit "Come hungry".
Heureusement, je suis sauvée de la mort par indigestion par l'arrivée d'un pilote de ligne canadien venu s'inscrire au cours du lendemain. Je l'invite a gouter le fruit de mes travaux; et du coup, a deux, c'est plus facile de faire diminuer un peu le contenu des assiettes. Je repars avec un bindi, plein de recettes que j'essairais de vous faire gouter a mon retour (mais encore faut-il que je trouve des épices de qualités, ce qui n'est pas évident dans ce pays quand on est une white-face qui n'y connait pas grand chose) et un bracelet de l'amitié; très répandu en Inde, plein de grelots qui font que quand je marche, on dirait l'arrivée des rennes du père Noel. Mais bon, je peux pas l'enlever, c'est un cadeau de ma prof de cuisine ! Compatissez au malheur de la pauvre Lisa, qui maintenant peut suivre à la trace chacun de mes gestes les yeux fermés XD.

Et ne vous inquiétez pas trop, on est pas dans la région d'Amhedabad (pour ceux qui suivent l'actualité) et notre périple nous éloigne peu à peu de la frontière pakistanaise.

A bientôt !

Mel

3 commentaires:

Ray a dit…

Mélanie aux fourneaux ! La famille attend impatiemment de tester le résultat de tes expériences culinaires.
Pour info : tes parents ont adoré l'Irlande et Isa et Jean-Marie sont les heureux grands-parents d'un petit Marius. Bises de tout le monde.

Anonyme a dit…

Mel!!!! mais t'es ou la ???
Je te taxe ton vieu toshi pour une présentation power point, pour peut être mon futur taf !!!

Excellent vos posts ça a l'air de rouler c'est bien cool !! je suis happy , je te vois a coté d'un éléphant et je suis mort de rire ^^

Prenez bien soins de vous et profiter un maximum du temps qu'il vous reste la bas !!

Méga gros bisous et gros poutous

Signé : MICK DUMAZEAU

Unknown a dit…

Pauvre Lisa qui avait reussi à échapper au bruit de la lampe de torche dynamo du vieux campeur... :D
Melou, j ai hate de gouter tes recettes de cusine!!!

Capuce