mardi 22 juillet 2008

Iz okay no problem

Après plusieurs jours dans les villages et cités du désert du Thar, on retrouve un peu - un peu... - de fraicheur dans la très belle ville de Jodphur, ou la plupart des maison de la vieille ville sont bleues.
A Bikaner, les gens étaient géniaux, beaucoup plus sympathiques qu'à Delhi. Ils étaient toujours très heureux d'être pris en photo, ça les faisaient beaucoup rire, surtout les enfants. J'ai photographié une grand-mère avec son petit-fils, au début, elle n'a pas du bien comprendre ce que je lui voulait, mais lorque je lui ai montré la photo sur l'appareil, elle a insisté pour que je prenne chacun des enfants séparement, hélant son petit fils un peu plus agé qui jouait tranquillement de l'autre coté de la rue et qui n'a pas spécialement apprécié ou compris l'expérience (la photo est trop drôle, on dirait qu'il est puni). Ici la première question qu'on vous pose, c'est "Which country ?" . En répondant "France" j'ai eu la surprise d'entendre un Indien me sortir un "Putaing, cong" avec un bel accent du Sud (il avait passé un peu de temps a Marseille). Etonnant.

Notre périple nous a ensuite emmené de Bikaner a Khuri, un petit village dans le désert; notre guesthouse était constituée de petites huttes en pisé (un genre de torchis). C'est sympa, heu, moi j'ai pas osé la douche, quand même, Lisa fut plus courageuse. Un jeune chamelier nous a emmenée en camel-car ( une charette tirée par un chameau) au milieu des dunes de sables pour regarder le coucher du soleil. Stitchou a fait du chameau (si si !) Le pauvre, il est même tombé de la carriole, mais le p'tit chamelier est descendu pour le rattraper. Le désert du Thar, c'est surtout de la broussaille, des femmes qui vont au puit, et des enfants qui vous demande des stylos et du chocolat... assez incongru, dans le désert, quand même.
Dans les dunes, on a retrouvé une famille française qu'on croisait par intermittence depuis le début du voyage. La soirée avec les trois enfants s'est transformée en veillée avec énigmes et jeux de centre aéré; c'était sympa.
Ensuite, on est parties pour Jaisalmer, magnifique cité au coeur du désert, surplombée par un très beau fort. On y a croisé un jeune homme d'origine tibétaine qui a passé la soirée avec nous. Il était à Jaisalmer pour évaluer les besoins en argent d'une école locale, et surtout pour s'assurer que les fonds iraient bien a la construction de ladite école et pas dans les poches du directeur. D'après ce qu'il nous a raconté, la deuxième option semble malheureusement la plus probable, les propos du directeur en question étant franchement différents de ceux des enfants qu'il a interrogé par la suite. L'Inde et l'argent.... Les jeunes Indiens de Delhi, Rohit et Naz, avaient résumé la situation comme ça : "India is PPC. Population, Pollution, Corruption."
Après une nuit a Jaisalmer, on a repris la route sous la conduite sûre et remplie de coup de klaxons de Mukesh, notre chauffeur (ça se prononce Mouresh). Il est marrant, parfois un peu étrange. Il a un accent hindi à couper au couteau, ça ne rend pas la communication très facile, mais on s'habitue, et au fil du voyage j'arrive de mieux en mieux a le comprendre. Il est "driver, bodyguard, doctor". Il est trop amoureux de Lisa; il passe son temps à la prendre en photo; mais ça reste très bon enfant. Au début; on pensait qu'il avait dans les 35; 40 ans, en fait, il est né en 82 !! Sa phrase préférée, c'est "Iz okay no problem". C'est juste énorme, la façon dont il le dit.
Il est super flexible sur l'itinéraire, il fait ce qu'on veut, nous trouve des toilettes sur la route (c'est vraiment pas facile dans le désert !!! ) Il fait toujours attention à ce qu'on sache bien le nom de notre hotel pour pouvoir rentrer en ricksaw, il détache sans arrêt ma ceinture de sécurité (j'arrive pas a m'empecher de la mettre, c'est une habitude...); il coupe la musique quand on dort... Il nous trouve des hotels sympas et pas très chers (500, voire 400 roupies), nous accompagne dans les magasins en expliquant qu'on est étudiantes et qu'il ne faut pas nous faire les prix de touristes. Bien sur, il touche des commissions dans les établissements ou il nous emmène, mais il ne nous l'a pas caché et les prix restent carrément corrects. Il est cool quoi. "iz goot picture ! Rajasthan iz enjoy, free mind !' Il nous massent la tête pour qu'on soit plus free mind, c'est trop marrant. Et puis on s'arrête sur le bord des routes pour boire du thé tchai, que Lisa trouve dégeu (moi j'aime bien), dans des endroits hallucinants, un peu comme dans les westerns quand le gringos rentre dans un vieux bar mexicain ou il y a trois personnes qui font la sieste.
Cela étant, l'Inde reste plus chère qu'on ne le pensait. Les touristes fortunés sont passés par là, et les gens qui vivent de ce business ont pris l'habitude de leur niveau de vie. Mais on s'en sort quand même en expliquant qu'on est étudiantes. La-bas aussi, les étudiants galèrent. Aujourd'hui, on a rencontré deux étudiants dans le fort de Jodphur, Om et Pankaj. Om nous a invité à boire le thé chez lui, c'était super de rentrer dans une maison indienne, de voir sa chambre, ses parents, son petit frère. Il était très honoré qu'on accepte son invitation; et on a échangés des histoires d'examens, de rêves, de visas...

Donc vraiment, iz okay, no problem

Mel

2 commentaires:

Unknown a dit…

je suis vraiment super contente de lire tout ça!! c'est fantastique... vraiment

Ray a dit…

Vos récits sont passionnants et très vivants, en les lisant on se représente les images et on vous accompagne en pensée... une façon pour nous d'être du voyage !